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mardi, 29 novembre 2011

L´acouphène comme signe d'une perte auditive cachée

Je l´ai déjà souligné dans les précédents articles, même si nous n´associaons pas systématiquement perte auditive et acouphènes, ces derniers sont cependant le signe d´une souffrance de l´oreille et on peut le considérer comme le dernier souffle de vie d´une cellule ciliée qui meure. Voici un article lu dans Audiology Infos, novembre 2011 et tiré du reconnu Journal of Neuroscience:

Audiogramme normal

A la base des acouphènes, une perte auditive masquée

Depuis que Pline l’Ancien a forgé le terme d’acouphène, cette perception des sons en l’absence d’une source externe demeure une énigme. Les théories traditionnelles supposent que les acouphènes sont provoqués par des dommages cochléaires, mais la plupart des patients acouphéniques présente un audiogramme normal, à savoir aucun signe direct de tels dommages. Des chercheurs de l’University College de Londres, au Royaume-Uni, indiquent que chez des sujets humains acouphéniques et présentant un audiogramme normal, les PEA du tronc cérébral montrent une amplitude significativement réduite du potentiel de la vague I (générée par des fibres nerveuses auditives primaires), mais des amplitudes normales pour les vagues V générées de manière plus centrale. Ces données fournissent une preuve physiologique d’une « perte auditive masquée » qui se manifeste par des sorties neurales réduites de la cochlée et, par conséquent, une renormalisation de la magnitude des réponses neuronales au sein du tronc cérébral. En utilisant un modèle informatique, les chercheurs ont également démontré comment les acouphènes pouvaient résulter d’une réponse homéostatique des neurones du système auditif central à des entrées auditives nerveuses réduites, en l’absence de seuils auditifs élevés.

Source : Tinnitus with a normal audiogram: physiological evidence for hidden hearing loss and computational model. Schaette R, McAlpine D. J Neurosci. 2011 Sep 21;31(38):13452-7.

 

Crédit photo : © Christopher Hall - Fotolia.com

A.B. (28/11/2011 14:16)

 

© Audiology Infos

audiogramme, perte auditive, audition

vendredi, 25 novembre 2011

Lien entre antennes-relais et acouphènes

Lu dans audio-infos novembre 2011.

Les antennes-relais à l’origine de certains acouphènes ?

 

Certains acouphènes pourraient être causés par les ondes des antennes-relais. Une étude, menée par l’association santé environnement France (ASEF) pendant le mois d’octobre, montre que 43 % des personnes vivant à proximité d’antennes-relais se plaignent d’acouphènes contre 15 % de la population générale. Les habitants interrogés ont également rapporté davantage de troubles de la concentration (27 % vs 4 %), de perturbations du sommeil (55 % vs 32 %), de maux de tête et de fatigue.

Les ondes électromagnétiques produites par les antennes-relais sont incriminées par les médecins de l’association. Pour preuve, 83 % des personnes qui présentent des troubles verraient leurs symptômes disparaître au bout de quelques jours d’éloignement et neuf habitants sur dix sont convaincus que les antennes-relais impactent leur santé. Les résidents en HLM seraient davantage concernés, puisque ce type d’immeuble est particulièrement recherché par les opérateurs téléphoniques, qui n’ont alors qu’un seul propriétaire à convaincre. Les 143 personnes interrogées par l’ASEF, vivaient toutes dans des HLM d’Aix-en-Provence et d’Aubagne et chaque immeuble portait entre 12 et 14 antennes. Le Dr Patrice Halimi, Secrétaire Général de l’ASEF et Chirurgien-Pédiatre à Aix-en-Provence, qualifie la situation d’ « anti-démocratique » et estime « qu’il n’y a ni patient, ni citoyen de seconde zone ».

 

V.C. (23/11/2011 11:48)

 

© Audio infos

antenne relais, polution, GSM, ondes

Cliquez sur l´image pour lire un article sur la nocitvité des antennes relais

mercredi, 23 novembre 2011

Lien entre sévérité de l´acouphène et âge d´apparition

Lu dans Audiologie-infos - Novembre 2011

Source : Does tinnitus distress depend on age of onset?. W. Schlee et al., PloS ONE. 2011;6(11):e27379

Tous les acouphènes ne se valent pas, et certains facteurs expliquent les degrés différents de souffrance ressentis par deux personnes atteintes de ce même trouble auditif. Les médecins classent parmi les paramètres aggravants l'intensité du son perçu, une éventuelle perte auditive, les vertiges, l'hyperacousie, la dépression, etc. Une étude allemande vient ajouter un nouvel item à cette liste : l’aspect tardif de son apparition. Plus un acouphène survient tardivement dans la vie d'une personne, plus il sera ressenti douloureusement. Un résultat issu d'une analyse statistique réalisé à partir d'un questionnaire renseigné par près de 4 000 membres de la Ligue allemande contre les acouphènes. Parmi ceux-ci, les chercheurs ont sélectionné les 755 acouphéniques ne déclarant pas de perte auditive concomitante. L'impact de l'acouphène sur leur audition est évalué à partir d'un questionnaire nommé Mini-TQ (Mini Tinnitus Questionnaire, mis au point en 2004 par deux des auteurs de cette étude, Wolfgang Hiller et Gerhard Goebel), sur une échelle de 0 à 24.  Alors que le score est voisin de 10,5 pour les patients ayant développé un acouphène avant l'âge de 32 ans, il augmente pour atteindre 12,3 lorsque l'acouphène est apparu après 53 ans. Lorsque l'acouphène apparaît tard, il est plus souvent décrit comme gênant dès le moment de son apparition : c'est le cas pour plus de 80 % des patients, contre 70 % lorsque l'acouphène apparaît avant 32 ans.

L'équipe médicale allemande précise qu'[sa] connaissance, il s'agit de la première mise en évidence d'un lien entre la date d'apparition de l'acouphène et de sa sévérité."Une corrélation qui peut être mise en regard de la diminution de la plasticité cérébrale avec l'âge, laquelle rend sans doute moins efficace les mécanismes neuronaux de compensation de l'acouphène. D'autres études devront préciser comment la baisse des capacités cognitives et de la plasticité neuronale influencent l'acouphène chez les personnes âgées et accentue la gêne qu'il occasionne.

sévérité, âge, vieillesse

vendredi, 18 novembre 2011

Apparition de l'acouphène - 3ème Hypothèse: la perte localisée des cellules cilliées externes

Troisième hypothèse : la perte localisée des CCE

CCE, cellules cilliées saines, stéréocils

Cellule cilliée saine - les stéréocils sont présents et en bon état

 

Un traumatisme acoustique ou des drogues ototoxiques engendrent des dommages cochléaires commençant à la partie basale de la membrane basilaire (hautes fréquences) au niveau des cellules ciliées externes et des cellules ciliés internes par la suite (CONLEE  et al. 1989 ; HUNTER et al. 1982 ; LIBERMANN et al.1984-1987).

cellules cilliées, drogues ototoxiques

A gauche les 3 rangées de CCE (en bas) sont présentent et focntionnelles, de même que pour les CCI - 1 rangée en haut. A droite, après un traumaitsme sonore, les cellules cilliées (externes et internes) sont détruites

Cependant, il y a des zones où les CCE sont endommagées sans que les CCI ne soient atteintes. Dans ce cas-ci, la distance entre les membranes basilaire et tectoriale est diminuée. Ce collapsus de la membrane tectoriale a pour effet de la mettre avec les CCI. Il en résulterait une dépolarisation, c'est-à-dire que l’on verrait apparaître une activité continue dans les fibres afférentes.

CCE endommagées, cellules cilliées

Ici seules les CCE sont grandement endommagées

mercredi, 16 novembre 2011

Apparition de l'acouphène - 2ème Hypothèse: le découplage des stéréocils

Deuxième hypothèse : le découplage des stéréocils

 

Cette théorie a pour origine l´oreille interne, et plus précisément un des organes humains les plus complexes et mystérieux: l´organe de Corti qui comprend 3 rangées de cellules cilliés externes (CCE)(mécaniques) et une rangée de cellules cilliées internes (CCI)(nerveuses, électriques). L´organe de Corti constitue la première étape du nerf auditif. Donc le système nerveux auditif démarre à ce point on note aussi dasn cet organe un système efférent dont le rôle n´est lui non plus pas tout à fait expliqué. L´organe de Corti doit effectuer le couplage mécanique/électrique à l´origine de l´information nerveuse qui partira vers le cortex pour être décodée. Ce coupalge mécanique/électrique est réalisé grâce au mouvement des cellules cilliées excitées par les vibrations d´un son externe transmise depuis l´oreille externe (pavillon) jusqu´à la cochlée, et le frottement de ces cellules sur la membrane tectoriale, c´est-à-dire la partie qui supérieure qui rentre en contact avec les cils des cellules (voir photo et schéma ci-dessous).

 

Selon TONNDORF, en 1980, une altération du couplage cellules ciliées / membrane tectoriale pourrait être à l’origine des acouphènes. Cette hypothèse est basée sur les travaux de HARRIS. Ce dernier a en effet expliqué qu’une perte de ce couplage pouvait entraîner une augmentation de 30 dB de sensibilité dans la perception du bruit de fond (« thermal noise ») enregistré à l’entrée des cellules ciliées externes. C'est-à-dire que le bruit de fond normalement présent dans la cochlée, avoisinant les 20 dB au-dessous du seuil auditif à 1000 Hz, serait amélioré de 30 dB au-dessus du seuil après découplage. Ce découplage peut être dû à un trouble du métabolisme du calcium-potassium, de l’intoxication par des aminosides, de l’acide acétylsalicylique ou par un traumatisme sonore. Cette théorie a l’avantage d’expliquer le faible niveau des acouphènes (30 dB - 20 dB = 10 dB) et le phénomène de recrutement.

 

Découplage, Tonndorf, Harris, organe de corti, cellules cilliées, nerf auditif

Coupe transversale de l´organe de Corti - la mebrane tectorial est présnete comme un "toit" recouvrant les cellules cilliés.Découplage, Tonndorf, Harris, organe de corti, cellules cilliées, nerf auditif

 

 

Découplage, Tonndorf, Harris, organe de corti, cellules cilliées, nerf auditif

Imagerie médicale montrant les 3 rangées de CCE et l´unique rangée de CCI. à la base de ces dernières le nerf auditif commence.

Découplage, Tonndorf, Harris, organe de corti, cellules cilliées, nerf auditif

Schéma du principe d´excitation des céllules cilliées et de leurs petits cils (stéréocils) - l éxcitation déclenche un phénomène chimique.

mercredi, 09 novembre 2011

Apparition de l'acouphène - 1ère Hypothèse: les Oto-Émissions Spontanées (OEAS)

1ère étape dans l´explication du schéma de Jastreboff: Apparition ou Source ou Genèse

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J´ai déjà décrit les OEAs dans 3 différents artciles précédents en septembre 2010, et je les ai mentionnées dans un article sur les drogues ototoxiques ainsi que dans la définitions des somatosounds dans un article datant de 2007:

 

  1. Les Mesures Objectives - les Oto-Emissions Acoustiques - Rappels 
  2. Les Mesures Objectives - les Oto-Emissions Acoustiques Spontanées (OEAS) - Le Système Efférent Médian
  3. Les Mesures Objectives - les Oto-Emissions Acoustiques Spontanées (OEAS) - Lien avec les Acouphènes
  4. Traitements Acouphènes- Médicaments - Action sur la Celulle Cilliée - Les Drogues Ototoxiques
  5. Définition: Les Somatosounds

 

Il semblerait qu’il n’y ait qu’une faible partie des patients à avoir un acouphène dû à une activité spontanée des Oto-Emissions Acoustiques (4%).

 

Des résultats obtenus par PENNER indiqueraient que les Oto-Emissions Acoustiques spontanées pourraient être responsables de certains acouphènes.

 

accuscreen, OEAS, Penner, TRT

Systémes de déspistage utilisant la détection des Oto-émission acoustiques afin de confirmer ou ´infirmer la présence de cellules cilliées fonctionnelles

vendredi, 04 novembre 2011

Prise en charge de l´acouphène: l´aide auditive améliore la vie de la personne acouphénique

Lu sur le très bon site hear-it.org, un article tiré lui du Hearing Review, et rapportant les résultats d´une grande étude conduite par the Better Hearing Institute, institut spécialiste des statistiques se rapportant au monde de l´audition. Les résultats sont certes sans surprise pour un spécialiste des acouphènes mais en 2011 face au déferlement de traitement sois disant efficace et je tacherai de compiler tout ces derniers dans une rubrique spéciale que j´aimerai nommer "humour" mais dont j´éviterai cette ironie, il est bon de rappeler la constance des résultats se rapportant à l´apport de l´aide auditive dans la prise en charge de l´acouphène. Dans ce cadre l´aide auditive ne doit pas être vu comme un amplificateur pour personne dures d´oreille mais plutôt comme un micro générateur de sons numérique et programmable.

Les résultats de l´étude conduite auprès de 230 spécialistes de l´audition en Amérique du nord rapportent que 60% des personnes souffrant d´acouphènes ressentent une amélioration en portant une aide auditive, et 22% de ceux-ci rapportent une amélioration considérable.

  1. La réduction du stress est un facteur considérable dans l´amélioration rapportée par les patients. En effet, l´acouphène accompagne généralement une perte auditive, même minime mais qui si elle même n´est pas prise en charge conduit à un stress du fait de la fatigue à converser en milieu bruyant. C´est ce que nous appelons la presbyacousie et qui est aussi courante que la presbytie pour les yeux et qui donc est naturellement liée à l´âge. Cependant la perte auditive qui accompagne ces acouphènes peut également ne pas être de l´ordre de la presbyacousie notamment chez des personnes ayant moins de cinquante ans. Bref, l´aide auditive décroit le stress, et si vous avez lu les billets précédant, certes technique et concernant le système nerveux, notamment le système lié à l´émotion (cortex préfrontal, système limbique, hypothalamus etc...). C´est en effet la gestion des émotions et donc du stress qui est à non pas l´origine de l´acouphène mais cependant de sa pérennisation, c´est à dire du fait que l´on conserve ce son constamment sans pouvoir l´oublier.
  2. Second facteur également bien connu des spécialistes des acouphènes concerne le thérapie sonore, cette thérapie a pour objectif de diminuer la perception de l´acouphène en le "noyant" dans l´environnement sonore que la personne qui souffre d´une perte auditive accompagnant son acouphène ne perçoit plus.

La thérapie sonore ainsi que la réduction du stress sont les deux points principaux du modèle neurophysiologique de Jastreboff que je décris ces dernières semaines dans le blog. Donc continuons sa description. Récemment un commentaire fut posté ici faisant état de l´absence de l´acouphène sur le lieu de vacance, et la question du lecteur du blog était relative à la possibilité d´une action négative des réseaux sans fil de sa maison sur son acouphène, la réalité est beaucoup plus simple, en vacance le stress diminue, et donc le cerveau recouvre la faculté naturelle d´oublier cet acouphène mais malheureusement il revient dans les valises lors du retour au train train quotidien.

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La gestion du stress est très certainement la pierre philosophale du traitement des acouphènes

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Exemple d´aide auditive qui garde l´oreille complètement ouverte pour une expérience auditive tout à fait naturelle