jeudi, 29 novembre 2007
Les Acouphènes à travers les temps: 2ème Partie - Observation
Dans les médecines byzantines, arabe et perse, ALEXANDRE DE TRALLES écrit un chapitre " Au sujet des acouphènes" et mettra en cause, entre autre, l'état psychologique du sujet, et l'état général du sujet ayant subi une maladie antérieure mais met aussi l'accent sur l'irritabilité.

Dans les écoles Arabe et Perse, on décrit 3 types d'acouphènes : Les TINNITUS qui correspondent à des sifflements, puis les SONNITUS, synonymes de bourdonnements, enfin, les SIBILUS qui sont des grondements. On va trouver ici une approche du problème consistant en de la théorie et de la thérapie, et on propose des tranquillisants tels l'opium, l'huile de ricin… On remarque que les acouphènes sont aggravés par la fièvre, l'alcool, une chute...
Dans les écoles de Salerno et de Montpellier (12ème siècle), ces acouphènes seraient dus à des "vapeurs" secouant violemment l'air dans l'oreille interne, et dont les différences modifieraient l'acouphène.
L'époque de la renaissance (15 et 16ème siècle), est l'époque des grands anatomistes tels FALLOPIO ou encore EUSTACHIO. Ce dernier explique d'ailleurs que les acouphènes seraient dus aux mouvements des "vapeurs" emprisonnées dans la tête. DUVERNEY dans son "traité de l'organe de l'ouïe" (1683), distingue les acouphènes subjectifs et objectifs. Il établit que pour beaucoup des acouphènes, ils étaient objectifs et qu'il fallait donc commencer par écouter. Il postulera pour une relation entre le caractère de l'acouphène et le type d'excitation: Des bruits sourds et des bourdonnements seraient causés par un ébranlement lâche, tandis que les bruits sifflants et tintants seraient eux causés par un ébranlement serré et tendu.

RIVINIUS propose comme cause, une contraction convulsive des muscles de l'oreille moyenne (purement hypothétique). COTUGNO explique sa théorie : "Les courantes contractions convulsives des muscles de la trompe d'Eustache ou du muscle stapédien entraînent des mouvements des liquides labyrinthiques qui engendreraient une excitation du nerf ".
ITARD et l'otologie en France au début du 19ème siècle va constituer le début de la médecine audiologique. ITARD va entreprendre une classification, non pas en prenant pour base les caractéristiques acoustiques des acouphènes mais plutôt en se basant sur leur origine. Il insistera sur le fait de distinguer si l'acouphène est le seul symptôme ou s'il est associé à une perte auditive. Il met en place un test très simple qui est de compresser les artères carotides pendant quelques minutes afin de voir si ce dernier disparaît ou non. Il proposera ensuite une subdivision des faux acouphènes (subjectifs) : Les Acouphènes Idiopathiques dus à une violente excitation du nerf auditif par traumatisme, les Acouphènes Symptomatiques chez des personnes sédentaires, hypocondriaques, hystériques, ayant des problèmes gastriques, des rhumatismes…

Au début et la moitié du 19ème siècle, en Grande Bretagne, on n'avait pas encore atteint le niveau de l'otologie en France (YEARSLEY, 1841). CURTIS, en 1818, propose un traitement à un de ses patients souffrant d'une surdité sévère, à base de sulfate de magnésium et en parallèle un régime antiphlogistique (combattant les inflammations) qui verra se dessiner une augmentation de l'audition et une diminution de ses acouphènes. C'est aussi l'époque où TOYNBEE est retrouvé mort dans sa salle de consultation avec des notes "sur les effets de l'inhalation de chloroforme sur les acouphènes". Sir W. WILDE (père d'Oscar) statua que les acouphènes étaient souvent associés à une perforation tympanique. Il insista sur le fait que ce symptôme devait attirer notre attention sur une éventuelle pathologie de l'oreille.

En Allemagne, en 1845, WURZBURG classifie les acouphènes sur 6 pages. SCHMALZ en 1846 remarque que l'acouphène augmente souvent en position allongée et différencie les acouphènes physiques des acouphènes nerveux. Il recommande l'usage du stéthoscope comme examen de routine quand un vrai acouphène a été suspecté. Le phonocardiographe, par la suite, en rendra possible l'enregistrement. Il invente un système de pression sur la région de la fistule artério-veineuse engendrant des acouphènes pulsatiles. KRAMER quant à lui, émet l'hypothèse de l'irritation de la corde du tympan comme pouvant donner des acouphènes.
Nous pouvons nous rendre compte après ces quelques rappels historiques que l'acouphène est présent dans l'histoire depuis des siècles et qu'il a depuis toujours poussé les hommes à chercher un remède contre ces "tintements", VANGOGH ne l’a pas trouvé, et TOYNBEE non plus.

11:55 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Tinnitus, Sonnitus, Sibilus, Fallopio, Eustachio, Duverney, Rivinus


















